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PECA WBE : quel agenda culturel pour votre école ?

Le Parcours d’Éducation Culturelle et Artistique, communément appelé PECA, est l’un des chantiers du Pacte pour un Enseignement d’Excellence (décret du 13/10/2022). Son objectif : permettre un accès égal à la culture et aux arts pour chaque élève, depuis l’entrée en maternelle jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire. Au sein de WBE, une équipe PECA a ainsi été constituée pour accompagner les enseignants dans leur approche culturelle et artistique et pour faciliter leurs relations avec les opérateurs culturels. Rencontre avec nos quatre référentes.

 

En quoi consiste le PECA ? 

Caroline Ruelle : Il y a toujours eu de la culture et des arts à l’école, mais ils dépendaient plus des motivations personnelles des enseignants et des filières, sans souci de cohérence à l’intérieur d’un même établissement ni de continuité à l’échelle de la scolarité de l’élève. Désormais, la place des arts et de la culture à l’école est légitimée et obligatoire, et ceci dans une démarche précise : développer l’expérience sensible, c’est-à-dire une expérience qui fasse appel à la fois à l’intellect, au corps et aux émotions des élèves. C’est à cette condition-là que les arts et la culture à l’école participeront à l’épanouissement des élèves. 

 

Quelles possibilités ce parcours offre-t-il aux élèves ? 

Brigitte Ribaucourt : Outre un accès égal à la culture et aux arts pour chaque élève, le PECA vise au renforcement de la dimension culturelle dans tous les domaines d’apprentissage. L’élève va ainsi acquérir des savoirs, des connaissances et des compétences dans une perspective de développement de l’esprit critique et de l’expression personnelle. Concrètement, tous les élèves auront chaque année l’occasion de vivre au minimum une activité à l’intérieur et une activité à l’extérieur de l’école. Le parcours offre l’opportunité d’expérimenter des pratiques culturelles et artistiques variées, individuellement et collectivement, sans oublier le développement des dimensions transversales (créativité, esprit d’entreprendre, se connaitre et s’orienter) et le plaisir et la motivation que ce type d’expérience offre aux élèves. 

 

Quel est le rôle des référents PECA ?

Caroline Ruelle : Nous sommes avant tout des conseillères au soutien et à l’accompagnement (CSA). Notre travail consiste à aider les équipes pédagogiques à réaliser leurs missions au mieux, et le PECA en fait désormais partie. Concrètement, nous rencontrons les équipes et nous évaluons ce dont elles ont besoin pour faire leur prochain pas dans la mise en place d’un PECA diversifié, transversal, collaboratif, continu, riche en pratiques, en rencontres et en connaissances.

Le chemin pour y parvenir est très important. Cela signifie qu'en plus d’accompagner les équipes, nous sommes en réflexion avec les opérateurs culturels, nous fluidifions les contacts entre les écoles et la culture, nous informons sur les dispositifs d’aide, nous donnons des idées pour faire des ponts entre les disciplines, nous soutenons les collaborations existantes, nous représentons les écoles dans les commissions, nous faisons remonter la réalité du terrain vers les instances de décisions, nous rassurons, nous aidons, nous écoutons, nous proposons... Nous nous sommes réparti les zones pour couvrir l’ensemble de nos écoles à nous quatre.

  

Comment les projets proposés aux écoles sont-ils retenus ? 

Bénédicte Mayeur : La conception et la mise en œuvre du PECA relèvent de chaque école selon le principe de gouvernance autonome. Celles-ci organisent un éventail d’activités culturelles et artistiques cohérentes et diversifiées qui s’intègrent dans leur approche pédagogique. Les écoles s’appuient sur le travail déjà mené depuis longtemps par les équipes, sur de nouvelles collaborations ou celles existantes avec les opérateurs culturels (bibliothèques, musées, académies, centres culturels, centre d’expression et de créativité, artistes…).  

Depuis le vote du décret PECA en octobre dernier, trois critères supplémentaires donnent une priorité à certaines écoles sur 30% de l’offre globale des projets subventionnés. Ces critères sont basés sur l’indice socio-économique (IE ≤ 8), l’éloignement (moins de 3 opérateurs à moins de 2 kilomètres) et le fait de n’avoir pas encore mené de projets avec des opérateurs culturels reconnus par la FWB.   

Il s’agit cependant bien d’une priorité et non d’une exclusivité. Le choix final pour ces projets se fait donc en concertation avec les opérateurs culturels du bassin scolaire concerné et les référents culturels.   

 

Le site de Wallonie-Bruxelles Enseignement comporte désormais une rubrique PECA et un groupe PECA WBE a été créé sur Facebook, pour quel public ?

Cécile Delsine : Outre le site de la Fédération Wallonie-Bruxelles (www.PECA.be), un onglet PECA existe en effet sur le site de WBE. Il constitue une source d’informations pour les élèves, les parents et les équipes éducatives. A l’heure où nous sommes tous connectés, le groupe Facebook PECA WBE rassemble la communauté des enseignants, éducateurs, directions WBE, afin de partager les expériences vécues, de s’inspirer des réussites de chacun, d’interagir en fonction des besoins. Nous y déposons chaque mois des ressources pour les différents domaines artistiques et culturels. N’hésitez pas à aller y jeter régulièrement un œil ;)

 

Quelques projets déjà concrétisés

En Hainaut :

  • Le projet « A Piacere » mené à Braine-Le-Comte (avec l’Académie, la bibliothèque et le centre culturel) pour les deux implantations de l’Ecole Fondamentale Annexée Jules Bordet de Braine-Le-Comte (de la M1 à la P6). Reportage sur les origamis 
  • Un autre projet « A Piacere » est mené avec l’EFA Léon Maistriau de Jurbise, l’EFA de l’Athénée Royal de Mons 1, les deux implantations de l’AR Bervoets, le Petit Lycée et l’Ecole Pierre Coran avec l’Académie, les Jeunesses musicales et le pôle muséal de la ville de Mons, avec comme point d’orgue les deux journées du 25 et du 30 mai 2023.  

À Bruxelles :

  • Le projet de concert interactif organisé par l’asbl ReMuA en mars de cette année a eu un franc succès auprès de nos établissements : plus de 500 élèves WBE se sont réunis en cette occasion dans le prestigieux Studio 4 de Flagey. Repris dans la presse
  • Un projet réalisé à la carte pour l’école des Petits Boulis à Gentinnes : imaginer, créer leur mascotte sur base de cadavres exquis inspirés par le travail de l'illustratrice Květa Pacovská et réalisés en classe. Une fresque monumentale représentant le nouveau compagnon des enfants a été réalisée par Juliette, l’intervenante artistique du CEC La Baraque, et peinte par tous les enfants de primaire. 

Dans la région de Huy-Waremme :

  • Toutes les classes de l’EFA de Ferrières (Ecole du Fa) ont été embarquées dans un projet de création de chansons avec l’artiste André Borbé, qui s’est terminé sur la scène du Centre Culturel de Huy. Les petites classes de primaire ont inventé l’histoire du « crayon qui se taille » où les plus grands ont appris à rimer en comparant avec humour les plages d’Hawaï et les bouchons d’Aywaille. Ce projet a lancé une dynamique puisqu’il est question de créer un livre l’année prochaine, avec celui que les enfants appellent maintenant familièrement « André ». Repris dans la presse
  • À Verviers, les onze écoles fondamentales de la zone ont mené ensemble le projet « Les bons contes font les bons amis » : 14 contes ont ainsi été digérés, détournés, illustrés, remaniés pour étudier l’anglais ou l’allemand, pour apprendre la germination des haricots ou la réalisation de maquettes, et pour laisser fleurir l’imagination des enfants. L’opération s’est clôturée par une journée au Centre Culturel de Spa avec une exposition du travail de chaque classe, un théâtre de marionnettes et des ateliers contes dans tous les coins du centre...  Repris dans la presse 
  • À Verviers toujours, l’école secondaire spécialisée Mosaïque a pu augmenter sa traditionnelle « Semaine de l’art » d’une visite à l’Orchestre Philarmonique Royal de Liège, d’une excursion aux serres royales de Laeken, d’une sortie au centre culturel de Verviers pour assister à la pièce de théâtre musicale « Dans les Bois », des interventions d’un origamiste et d’un dessinateur de manga professionnel, etc. Repris dans la presse  
  • À Liège et à Verviers (Athénée royal d’Esneux et Athénée royal de Verdi Pépinster, deux écoles sinistrées lors des inondations de 2021), des projets de théâtre ont permis d’aborder avec les élèves du fondamental le sujet de la nature, de sa puissance et même de ses bruits.  

À Namur :

  • À l’Athénée royal de Namur, le Projet PECA de cette année visait à initier tous les élèves de l’école au travail du corps et de la voix. Les jeunes ont eu l’occasion d’être les acteurs d’un atelier Chœur ainsi que d’un atelier d’écriture qui s’est clôturé par un happening, une rencontre-échange avec Baudouin de Jaer et un concert au grand Manège à Namur.  Repris dans la presse
  • À l’école d'Enseignement Spécialisé Primaire et Secondaire Saint-Mard à Musson, le PECA vise à créer un outil de communication visuelle qui permettra de donner à un public privé de la parole un accès et une possibilité de communiquer en situation de découvertes culturelles et artistiques.

Pour contacter la cellule PECAcsa.peca(at)w-b-e.be

  • Bruxelles et Brabant Wallon : Bénédicte Mayeur
  • Liège : Caroline Ruelle
  • Namur et Luxembourg : Brigitte Ribaucourt
  • Hainaut : Cécile Delsine